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Report > BigFlo & Oli + La Bande Sonore + La Quinte

publié le 24 novembre 2015 -  Catégorie : Web Report

Un collégien, puis dix et pour finir plusieurs centaines. Ce samedi 21 novembre, La Rodia affiche complet mais n’accueille pas Justin Bieber pour autant. À l’affiche, un duo de jeunes rappeurs français qui montent : Big Flo & Oli, pour Florian et Olivio Ordonez, deux frangins âgés de 22 et 19 ans. Avec plus de 50.000 copies écoulées depuis mai dernier, dont 15.000 la première semaine, leur premier album La Cour des Grands est d’ores et déjà disque d’or. Une belle prouesse pour ce tandem toulousain 2.0 à surveiller, un point c’est tout.

 

C’est La Bande Sonore qui ouvre le bal. Au programme : un DJ (celui du groupe suivant, en l'occurrence) et quatre MCs de Besançon qui balancent des textes un peu trop sérieux sur des instrus assez banales. Toujours est-il que la sauce semble prendre et la demie heure de set remplit relativement bien sa tâche : chauffer la salle. Peu de temps après, c’est un autre collectif, belfortain cette fois, qui brûle les planches. Sur des sons de DJTry, Le Quintessence Crew alias La Quinte, délivre un hip-hop bon enfant, aux thématiques fêtardes (la picole et la fumette) qui rappellent le bon temps des Svinkels. Relativement propre, le flow des quatre loustics évoque parfois Bus Driver et leur énergie communicative fait plaisir à voir. Ils jouent également trente minutes et la foule est désormais fin prête pour assister au show du duo de Toulouse.

 

 

Avant même d’entendre la première note, on voit que le groupe travaille son image. De chaque côté de la scène, de grosses lettres banches ‘B’ et ‘O’ sont gonflées en mode bibendum, le plateau du DJ reliant les deux par un ‘&’ de rigueur. Le show débute sur un air de violoncelle vite rejoint par un beat carré. Au fil du concert, le violoncelliste, qui bosse avec les rappeurs depuis sept ans, troque de temps à autre son instrument pour une guitare, histoire de livrer quelques riffs bien sentis. D’ailleurs, la présence d’instruments acoustiques est une force indéniable, BigFlo entamant certains titres par un air de piano tandis que son petit frère en démarre d’autres à la trompette, qu’il a étudié au conservatoire.

 

Malgré leur jeune âge, on constate une véritable présence scénique chez les deux frères. Ils occupent bien l’espace, s’amusent clairement et échangent beaucoup avec le public, très réceptif quand il s’agit de chanter à tue-tête ou de participer à l’aventure. Ainsi, lors de la chanson ‘Raccroche’, qui raconte les déboires d’ados largués, deux jeunes fans célibataires depuis peu sont invités à monter sur scène pour illustrer les paroles. Il y aura d’autres moments de partage - une battle une peu longuette mais tout de même agréable à l’écoute, une impro avec quelques clins d’oeil à la Franche-Comté -, Oli n’hésitant pas quant à lui à descendre dans la fosse le temps d’un couplet ou, plus tard, à se laisser porter par les spectateurs suite à un slam. En se faufilant dans la salle durant le show, on remarque que tout le monde a le sourire ; BigFlo en rigolera d’ailleurs. Le genre de choses qui fait plaisir à voir après les récents attentats parisiens.

 

 

Même s’ils n’ont qu’un seul album à leur actif, BigFlo & Oli ont déjà un univers qui se dessine. Et si leurs textes parlent si bien aux adolescents, c’est en partie grâce à des propos simples mais aussi par des chansons à texte, les deux compères ayant été élevés aux airs de chanson française, entre autres. Pas d’ego trip à rallonge donc, ni de gros clichés que le rap se coltine depuis des décennies et que leur morceau ‘Gangsta’ parodie à raison.

 

Nul doute qu’ils vont encore gagner en maturité pour affiner leur univers et, peut-être, toucher un public encore plus large à l’avenir. Avec encore plus de maîtrise, voire l’ajout d’une section rythmique basse/batterie, il y a fort à parier qu’ils risquent de laisser une véritable trace dans la sphère hip-hop hexagonale. Leur second album va clairement être attendu au tournant mais en attendant, ils sont en tournée en France jusqu’au printemps prochain. Une chose est sûre, avant d’être les futurs The Roots ou Oxmo Puccino, ce soir-là, à La Rodia, BigFlo & Oli ont évité haut la main le coup du ‘big flop et au lit’...

 

 

Michaël Guarné

 

Crédits photos : Christophe Roy.