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publié le 2 novembre 2015 -  Catégorie : Web Report

Eternal. Rarement un nom d’album n’aura sonné si juste. En dépit des divers changements de line-up, des gros soucis relationnels avec l’ex-leader Timo Tolkki et des soucis de santé du chanteur Timo Kotipelto, Stratovarius continue de livrer un power metal relativement efficace. Depuis début octobre, le quintet finlandais est sur la route pour promouvoir son seizième album en Europe puis dans le reste du monde. Le soir d’halloween, La Rodia les accueillait au bord du Doubs et, bien entendu, nous étions sur place pour couvrir l’événement.

 

 

Tout commence vers 20h30 avec Divine Ascension, sextet australien qui balance un rock prog’ déjà entendu mille fois auparavant. Le timbre de la chanteuse Jennifer Borg semble ne pas toujours coller parfaitement avec le reste des compositions mais globalement, le public réagit assez bien à la musique de la formation de Melbourne. Il faut reconnaître qu’elle dégage un capital sympathie appréciable et que le dernier morceau du set, au cours duquel la foule participe timidement, parvient à sortir du lot. De quoi commencer à chauffer la salle comme il se doit.

 

C’est à présent au tour de Gloryhammer de préparer le terrain pour la tête d’affiche. Le groupe écossais officie dans le “heroic fantasy power metal”, comme on peut le lire sur leur site officiel. Soit! Les spectateurs les plus âgés pensent d’emblée à du Rhapsody (renommé entre temps Rhapsody of Fire), autrement dit à du metal pastiche qui n’hésite pas à abuser de vieux clichés, à la fois en termes de thématiques (présences de licornes, gobelins et autres dragons, de planètes qui explosent, etc.) et de compositions ; les refrains aux choeurs bien appuyés sont légion. Les membres sont déguisés de la tête au pied, le chanteur brandit de temps à autre son marteau astral en plastique et le public sourit aux blagues de ce dernier entre les morceaux. Dans la fosse, les réactions varient. “J’aime beaucoup les groupes qui partent dans leur univers comme eux”, confesse Auguste, 21 ans. Elizabeth, 46 ans, n’adhère quant à elle pas des masses à la formule. Avouons que celle-ci tourne assez vite en rond et que l’on déplore certains sons pré-enregistrés qui font un peu tâche en plein live, comme une charley en contretemps bien groovy lors d’un titre, par exemple. Le batteur ne semble d’ailleurs pas spécialement convaincu ni par son jeu ni par le concept du groupe…

 

Qu’importe, l’audience est désormais impatiente d’entendre le groupe pour lequel elle a fait le déplacement : Stratovarius.

 

 

Vers 22h30, la formation entre en piste. La belle batterie blanche aux couleurs de la pochette d’Eternal trône fièrement au centre de la scène. Sur la droite, le clavier toujours incliné de Jens Johansson est illuminé par deux petits canards ; le bonhomme a toujours été du genre à déconner. La lumière s’éteint et un bref air de classique retentit. Les musiciens font leur entrée puis démarrent leur show sur les chapeaux de roues par ‘My Eternal Dream’, le single et morceau d’ouverture du dernier album. Efficacité est le maître mot. Quelques autres morceaux d’Eternal sont joués mais globalement, la setlist pioche dans l’ensemble du répertoire du groupe.

 

Ainsi, on trouve autant du ‘Unbreakable’, un titre composé par le guitariste tiré du précédent album Nemesis (2013) que du ‘Phoenix’, un classique d’Infinite (2000) aux breaks et changements de rythmes bien sentis. Durant une heure et demie rappel inclus, Stratovarius propose un panel de morceaux variés, où les hymnes bien speed (‘Black Diamond’), les morceaux mid-tempo (‘S.O.S.’) et les balades (‘Forever’) s’enchaînent logiquement. “Le concert était très professionnel et on voit qu’ils prennent du plaisir à jouer”, avoue Clément, 19 ans, qui connaît le groupe depuis tout juste une année. Effectivement, ils ont l’air de s’amuser, à l’image du bassiste Lori Porra qui fait chanter la foule en improvisant une reprise de ‘La Marseillaise’ (!) lors de son solo.

 

De son côté, Margaux, la copine de Clément, s’est mise au metal il y a de ça sept ans avec Stratovarius, entre autres. “J’attendais ce concert avec impatience et c’était incroyable! J’en ai même pleuré tellement c’était émouvant”, confie t-elle après le show, encore sous l’émotion. On a constaté avec plaisir que le public était extrêmement éclectique. On trouvait aussi bien de jeunes étudiants venus en couple que des trentenaires et même des cinquantenaires venus avec leurs enfants, à l’image d’Elizabeth et Joël (42 ans), présents avec Lilou, leur fille d’une douzaine d’années. S’ils ont déjà vu la formation cinq fois en concert, notamment à Pratteln en Suisse, cette performance bisontine leur a bien plu. Même constat pour Stéphane, la quarantaine, qui s’était déplacé avec son fiston de dix ans qui “avait vraiment hâte de les voir.”

 

 

Les membres de Stratovarius, que l’on pouvait croiser aux remparts de la forteresse Vauban l’après-midi précédant le show, ont donc livré un concert très propre. On sent clairement que quasiment tous les membres du groupe s’investissent dans la composition à présent. L’ère Tolkki de la mono-composition est bien loin derrière, même si une tournée de cinq dates basée sur le vieil album Visions a eu lieu fin 2014 en Finlande et en Russie. Plus que jamais, le son Strato’ reste unique, presque éternel…

 

Michaël Guarné