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Voices of Jamaica

publié le 26 avril 2011 -  Catégorie : Web Report
Par Frédéric Dassonville - Diversions

Force et nonchalance

 

Par Frédéric Dassonville - Diversions - 26 avril 2011

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La Jamaïque pure s’invitait le 26 avril sur la scène de La Rodia à Besançon avec The Congos. Lorsque le tourneur Mediacom Tour investit les lieux, il faut s’attendre à plonger dans les eaux profondes du reggae au sens pointu du terme. C’est déjà grâce à ce diffuseur qu’on avait pu voir, il y a près d’un an, The Gladiators au Cylindre. Lee Perry était également venu en solo jouer dans la capitale comtoise. Lee Perry, celui-là même qui est à l’origine des Congos à la fin des années 70. La Rodia fut une jolie étape sur la tournée française du combo du Roots.


Au concert on pouvait croiser des gens de Besançon bien évidemment mais aussi du Pays de Montbéliard, de Pontarlier et même de Strasbourg. Un voyage au cœur de la Jamaïque, voilà ce que tous étaient venus chercher. Un authentique son Roots, ambassadeur de l’histoire des studios Black Ark de Kingston. Histoire oui, mais au fond sans nostalgie, le continuum de la musique des Congos rendant intemporels ses anciens titres, ici encore sans avoir besoin d’ajouts modernistes. Rien de primaire non plus, mais une autosuffisance bien orchestrée.

Et pour cause, malgré les enregistrements se faisant désormais au Mixing Lab Studio, leur retour en 2006 a été un hommage aux studios Black Ark. Vers 21h30, l’un des quatre chanteurs prend la parole. Sa façon de présenter les choses n’est pas tout à fait la même que ce qui nous attend après... Il débite en ragga tandis que derrière s’enchaînent les balancements nonchalants du reggae. Avec les chanteurs, les sept musiciens placés en retrait imposent le tempo. Une spiritualité rasta amène le groupe à prendre son temps… Chaque membre remplit les lignes mélodiques par des nappes et des notes légères. Leurs tenues traditionnelles favorisent l’immersion du public dont tous les corps sont guidés par le rythme.

Dans la première partie du set, leur appellation de « Voix de la Jamaïque » n’est pas clairement mise en évidence, ce qu’avait cherché à réaliser Lee Perry en 1977 n’est pas très visible dans un premier temps. Tandis qu’un ballet vocal s’installe entre le baryton Watty Burnett et les chants aigus, le chanteur médium draine quant à lui les thèmes mélodiques. En dernière partie de concert, toute la troupe est alignée sur deux rangées, tous cette fois de blanc vêtus. La force des chants tire les instruments, où même des cuivres se mêlent. L’ensemble restera encadré par des tempos lents jusqu’à la fin. Aux trois quarts du live, une sorte d’interlude s’est inséré le temps de quelques morceaux où le percussionniste s’est imposé en chef de fil, concluant ce break par un impétueux solo. Sans besoin de rappel, le spectacle a tenu près de 2h30.

 

Frédéric Dassonville