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publié le 17 janvier 2017 -  Catégorie : Web Report
Steve ‘N’ Seagulls : quand La Rodia révise ses classiques.

La Finlande : le pays des groupes faisant des reprises originales? Après Apocalyptica, qui s’est fait connaître au début des années 1990 en réarrangeant du Metallica avec quatre violoncelles, c’est le quintet Steve ‘N’ Seagulls qui a le vent en poupe depuis quelque temps. Leur créneau? Des standards de la grande famille du rock revisités à la sauce country. Avouez que ça ne vend pas forcément du rêve, présenté comme cela. Et pourtant…
 
Vendredi 2 décembre 2016. La température descend facilement en dessous de zéro aux bords du Doubs et pour chauffer la salle, La Rodia accueille Lisa Leblanc et ses trois musiciens. Avec déjà trois albums à son actif et un jeu de scène très propre, la chanteuse canadienne sait comment mettre le public dans sa poche : des compositions blues/rock bien senties, mises en valeur par un joli grain de voix et des passages au banjo relativement énergiques. Petit bémol personnel sur la partie batterie, qui manque certainement d’un peu de finesse pour rendre le tout encore plus agréable à l’oreille. En tout cas, les spectateurs passent un bon moment et le dernier morceau, une reprise bluegrass de ‘Ace of Spades’ de Motörhead, est une excellente introduction à la tête d’affiche de la soirée.
 
“Nous prenons la musique très au sérieux et souhaitons vraiment faire du mieux que nous pouvons, tant que le public s’amuse autant que nous”, confie le chanteur Remmel au site villagevoice en septembre 2015. Reprendre des monstres du rock avec une couleur country ne s’est pas fait du jour en lendemain. À vrai dire, l’aventure commence un peu par hasard lorsqu’on leur demande de concocter quelque chose de spécial pour une fête basée sur une thématique western/country. “On a réarrangé quelques chansons et l’idée est venue de là”, précise l’intéressé, qui pratique également la guitare acoustique, la balalaika ainsi que la mandoline.
 
Cette variété instrumentale fait d’ailleurs partie de la force du groupe. Les arrangements sont tout simplement bien pensés. Rien ne fait dans la facilité et on finit parfois par reconnaître une chanson pourtant connue au bout d’une minute seulement, comme ‘Cemetary Gates’ de Pantera et sa cassure de tempo à l’accordéon à la mi-morceau. La capacité des Finlandais à surprendre l’audience par l’originalité des mises en place est un autre bon point. Quand on ouvre le show sur un ‘The Trooper’ (Iron Maiden) à la rythmique cloche/timbale entraînante, on sait qu’on va entendre une playlist déconcertante. On n’en attendait pas moins d’un groupe basant son nom sur celui de l’acteur américain Steven Seagal.
 
Entre ‘Aces High’ d’Iron Maiden, ‘Black Dog’ de Led Zeppelin ou bien encore ‘Thunderstruck’ d’AC/DC, Steve ‘n Seagulls n’hésite pas à rendre hommage à leur pays, avec une version bien fichue de ‘Wishmaster’ du groupe de metal Nightwish. Tout ça pour mieux replonger ensuite dans les années 1990 avec ‘Self Esteem’, l’un des tubes de l’album ‘Smash’ de la formation punk The Offspring. Au fil de la playlist, chaque musicien met en valeur ses instruments, à l’image du contrebassiste Pukki qui, lors du rappel, enflamme la salle en chantant ‘Antisocial’ de Trust! Nul doute que Bernard Bonvoisin et sa bande auraient apprécié. Le batteur Puikkonen n’est pas en reste, puisqu’il chante carrément sur un titre et réalise plusieurs choeurs sur d’autres. À noter l’originalité de son kit, qui ne comprend qu’un seul tom - basse - mais de nombreuses cymbales d’effets aux sons percutants. Quant à l’accordéoniste Hiltunen, il est aussi à l’aise aux synthés qu’à la flûte ou au kantele, un instrument à cordes pincées traditionnel finlandais.
 
Avec plusieurs concerts dans de gros festivals de metal comme le Wacken Open Air en 2015 et une autre tournée étatsunienne en vue en 2017, le groupe de hillbilly folk finlandais n’a pas fini de faire parler de lui. Rappelons qu’il a déjà sorti deux albums dont le récent ‘Brothers in Farms’ et qu’il envisage la création de morceaux originaux. Pour le moment, une seule composition originale figure sur le disque mais cela risque de changer dans les années à venir, comme le précisait Remmel au site rockmetalmag en octobre dernier : “dans un avenir proche, nous reprises côtoieront nos propres compositions”. Ces seagulls sont décidément de drôles d’oiseaux...

Michaël Guarné